Lors de SMX Paris, Virginie Clève et Amélie Boucher ont animé une conférence captivante sur le lien entre l’UX et le SEO, ainsi que les avantages à en tirer.
SEO et UX : une compétition sans fin ?
L’opinion répandue est tenace et se vérifie encore trop fréquemment dans les structures organisationnelles. Il semblerait qu’il y ait constamment des divergences entre les équipes SEO et UX. L’une s’emploie à maximiser la visibilité et le classement du site, alors que l’autre privilégie une navigation aisée et plaisante pour l’utilisateur.
Il est évident que certains pourraient être enclins à fusionner les meilleures pratiques en matière de SEO avec celles de l’UX, que nous avons commencé à explorer depuis les débuts du web. Il s’avère hélas que celles-ci sont tout simplement… contradictoires !
Mais est-il réellement faisable de contenter les deux parties ? Pour Virginie Clève et Amélie Boucher, qui collaborent depuis deux décennies, la réponse qu’elles ont donnée lors de leur intervention à SMX Paris est indiscutablement : oui ! Sous la condition de trouver un bon equilibre.
Il ne faut pas penser la relation UX-SEO comme une addition, mais comme un jeu de ping-pong. Et plus on bataille, plus on discute, plus l’échange est riche, et on arrive à un bon compromis, explique Amélie Boucher.
Une coopération basée sur des concessions réciproques.
Pour établir une bonne collaboration entre les spécialistes du SEO et de l’UX, il est essentiel de réévaluer la relation et d’adopter un nouveau point de vue. Selon Amélie, les designers ont trop souvent tendance à considérer le SEO comme une contrainte plutôt qu’un élément essentiel. Une opinion que partage Virginie, qui pense que les spécialistes du SEO portent également une part de responsabilité, car ils ont souvent une approche trop technique.
Les SEO ont tous intérêt à monter en compétences en termes de produit et d’UX pour être capables d’entrer dans ces discussions, avec un point de vue utilisateur, et pas seulement un point de vue algorithmique et machinique, démontre Virginie.
Quelle est la bonne approche à suivre ? Considérez Google – et les moteurs de recherche en général – comme n’importe quel autre visiteur de votre site, tout en tenant compte de ses limitations : « il est aveugle, sourd, et surtout, il manque cruellement d’humour ! ». Il faut maintenant considérer Google comme l’un de vos personas, afin de tenir compte également de ses besoins.
Le deuxième conseil de grande importance que nous donne Virginie et Amélie : collaborer dès les débuts du projet, et ce tout au long de sa progression. Initialement, l’équipe SEO doit fournir à l’équipe de conception des éléments d’information détaillés et un cahier des charges précis. Cette méthode contribuera à combattre les trois biais majeurs chez les concepteurs, à savoir :
- Le biais du coût irrécupérable : plus on consacre de temps, d’argent et d’énergie, plus il devient difficile de se séparer de l’existant. C’est ce qu’on appelle « l’effet casino ».
- Le biais de statu quo : « Nous faisons ainsi ». Les designers ont une approche bien établie, et il est ardu de s’en éloigner puisque ces pratiques portent leurs fruits.
- Le biais de simple exposition : plus on est exposé à quelque chose, plus cela nous influence, sans prendre en considération sa valeur objective.
4 exemples de défis rencontrés et les mesures prises pour y remédier.
Au cours de la conférence, Amélie et Virginie ont étayé leurs discours en présentant des exemples tangibles de défis rencontrés à l’intersection de l’UX et du SEO, accompagnés de suggestions de solutions pratiques :
L’usage mobile et desktop
- Du point de vue du SEO : les concepteurs continuent à privilégier la version desktop, alors que Google pratique l’indexation mobile-first depuis près d’une décennie. Pour le référencement, les experts en SEO ont besoin d’accéder à tout le contenu sur mobile.
- Du point de vue du design : la quantité d’informations est excessive, il est nécessaire d’éliminer certains éléments pour la version mobile par rapport à la version desktop.
Le conseil : il est important de distinguer la quantité totale d’information sur une page de la quantité d’information visible à un moment donné sur l’écran mobile.
Le fil d’Ariane
- Du point de vue du SEO : le fil d’Ariane est crucial pour le SEO et doit être visible tant sur ordinateur de bureau que sur mobile.
Perspective de conception : Le volume d’informations est trop élevé actuellement, il est nécessaire de supprimer certains éléments lors du passage de la version desktop à la version mobile, y compris le fil d’Ariane. - Du point de vue du design : la quantité d’informations est excessive, il est nécessaire d’éliminer certains éléments pour la version mobile par rapport à la version desktop.
Le conseil : le fil d’Ariane est non seulement bénéfique pour le référencement et Google, mais il offre également à l’utilisateur une navigation simplifiée sur le site. Néanmoins, il est essentiel de considérer la dimension commerciale : par exemple, les sites de luxe font face à des défis commerciaux différents que ceux des sites e-commerce qui cherchent à augmenter le montant moyen du panier.
La navigation horizontale et verticale
- Du point de vue du SEO : les spécialistes du référencement s’efforcent d’organiser les catégories et les pages du site de manière à faciliter la compréhension de l’architecture.
- Du point de vue du design : les spécialistes du design visent à tracer un chemin plutôt qu’à le barrer. Leur but est de simplifier la conversion en valorisant ce qui semble efficace (par exemple, un classement des 5 articles les plus consultés sur le site), tout en permettant aux utilisateurs d’explorer de nouvelles pistes pour satisfaire leurs intérêts, qui vont souvent au-delà de leur recherche initiale.
Le conseil : il est important de ne pas aborder la navigation de manière aléatoire, mais plutôt de se baser sur des indicateurs pertinents pour l’utilisateur, en tenant compte des facteurs internes (KPI, diversité de l’offre, etc.) et externes (récurrence des visites, simultanéité des besoins, profilage, etc.). Parmi les stratégies possibles : augmenter judicieusement le nombre de blocs de rebonds et, en ultime option, camoufler le bloc pour le référencement naturel. En ce qui concerne les menus de navigation, afin d’éviter les mégas menus qui nuisent à la crawlabilité, il est préférable d’opter pour un menu par clic ou de ne pas indexer le méga menu (grâce à une case à cocher) en donnant la possibilité à Google d’accéder autrement à l’indexation des catégories.
Synergie entre l'UX et le SEO : les points essentiels à retenir.
Pour conclure, Amélie et Virginie affirment que l’UX et le SEO doivent (et peuvent) progresser de concert, reposant sur deux fondations solides :
- La culture : qui se façonne à travers l’apprentissage réciproque et l’écoute entre les spécialistes du design et du SEO.
- La coopération : qui se base sur une interaction continue ; expérimenter, affiner et réagir face aux obstacles plutôt que de simplement les endurer.
Au final, un bon travail en binôme consiste à échanger des idées comme au ping-pong, où chaque défi se transforme en une chance de perfectionnement !